A qui appartient l’argent du Gabon ? Que signifie le salaire ? Les allocations et subventions ? La prime ? Sont-ce des cadeaux offerts par un president ? En fait, pourquoi le corps politique existe-t-il ? Tant de petites questions qui, posées à un peuple maintenu dans l’obscurantisme le plus total, trouveraient des réponses aussi effusives que les débats kounabelistes autour de la nomination de Raymond Ndong Sima comme premier Ministre du régime illégitime d’Ali Bongo.
L’argent du Gabon appartient au peuple gabonais. Sans l’administration voire le corps politique, chacun de nous serait emmené à faire le tour des multinationales qui exploitent nos richesses afin de réclamer sa quote-part du revenu national. On serait tous dans les ports, les aéroports, les mers et aux frontières à collecter les fonds de toutes les activités lucratives qui s’y déroulent. Bref, on vivrait dans un boucan absolu. Les hommes ont alors pensé s’unir autour d’une entité [Etat/administration] qui organiserait et coordonnerait tous ces pans de la vie sociale en redistribuant la richesse commune soit directement par les revenus soit par la mise en place des services de base tels que les hôpitaux et les écoles, pour ne citer que ceux-là. Les populations sont donc, par la force de l’entité de l’Etat, une sorte d’actionnaires obligatoires par les impôts directs auxquels sont soumis leurs revenus : on dit qu’ils sont contribuables. Et par les impôts dits indirects issus de toutes les activités de consommation : on dit qu’ils sont assujettis. L’administration est de ce fait au service du peuple qui lui confie la gestion de son « argent » pour le bien de tous. C’est l’objet politique.
Malheureusement, certaines personnes, ne sachant gagner leur vie en travaillant honnêtement, ont détourné cet objet politique [qui est censé servir] pour se servir. Aussi, ils volent sans aucun effort l’argent du contribuable. Et pour continuer cette sale besogne en paix, il faut que ces voleurs aient le consentement des victimes qui sont, pour le cas d’espèce, les gabonais dans leur ensemble. C’est à ce moment que nous introduisons « le Tué-tuérisme ou proxénétisme politique d’Ali bongo avec pour étape 1 : Woleu-Ntem » via la nomination de Raymond Ndong Sima au poste premier ministre. Poste pourtant inutile vu les nombreuses agences presidentielles qui forment le veritable gouvernement. L'objectif d'Ali Bongo étant la volonté de dissiper toute dynamique de contestation de son régime familial.
Parce que l'emergent en chef est conscient que le peuple n’est nullement à ses côtés. Lui et ses acolytes mettent alors en place un réseau de « Yogho-Santé » politique chargé d’amadouer les populations qui ne cessent de rejeter son imposture. Le plaisir de ces woleu-ntemois qui jubilent à l’annonce d’un premier ministre de leur province serait comparable à celui d’un client sur une « tué-tué » quand il oublie que l’opération vise d’abord à enrichir le réseau mafieux des Bongo-Pdg. Ce plaisir qui est souvent égoïste et dévalorisant, face aux vertus d’une relation homme-femme sincère, favorise la facilité, le recul de nos mœurs et l'irresponsabilité. Le temps donc d’oublier les vrais débats sur l’état de droit, le respect des droits de l’Homme, d'une démocratie réelle et surtout de la volonté affichée pour la personnalisation du pouvoir autour de la famille BONGO. Il faut absolument soumettre tout le pays au diktat de la « Sablière ».
Ce qui revient de droit est désormais brandi comme appât via l'exploitation de personnes originaires de ces zones hostiles à la Mugherisation du pays dans l'espoir de gagner une légitimité qui fait défaut. Mais les gabonais opposés à ce forcing politique, que ce soit au Woleu-Ntem ou ailleurs, ne seront pas clients d’un système de proxénétisme déguisé même si les « tué-tué » qu’on mettra sur leur trottoir politique paraissent séduisantes. C’est donc l’avenir qui le confirmera…
L’Altier

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