Sincèrement, à qui profite l’organisation de la plus importante compétition de football du continent en cours de préparation au Gabon ? Une manifestation de cette envergure a pour vocation de rassembler les masses et de transcender leurs différences voire même leurs problèmes quotidiens. En sus, la Confédération Africaine de Football [CAF] vous dira qu'elle permet un développement rapide et multi-sectoriel des infrastructures sportives, routières et d’hébergement dans le pays hôte.
Mais la réalité est autre au Gabon ! La CAN semble, jusqu'à présent, n’intéresser personne si ce n’est que le gouvernement et ceux qui partagent les retombées d’un tel business dans notre pays. Comment comprendre qu’à deux mois du début de cette compétition, les gabonais ne soient toujours pas investis de l’état d’esprit festif et solidaire face à ce qui nécessite l’apport de toutes les filles et fils de la nation afin que le monde garde un bon souvenir organisationnel de cet événement sur nos terres ? Au lieu de tout ce qui précède, c’est un gouvernement qui continue de fâcher ces populations qu’il viendra ensuite solliciter pour remplir ses stades « inachevés » voire qu’il fera passer pour terminer.
Oui ! Sans langue de bois, les gabonais ont conscience que la CAN offre de larges possibilités pour se faire du profit mais ils font aussi le constat de la personnalisation de cette compétition sinon sa confiscation par le seul entourage d’Ali BONGO à telle enseigne que certains vont jusqu'à souhaiter l’échec de son organisation. Pourquoi ? La frustration et le mépris de ce dernier envers les populations.
D’abord avec l’organisation des élections législatives sans aucune assurance quant à la transparence exigée par une part importante des concitoyens. Il apparaît qu’on s’achemine vers une confrontation qui risque d’avoir de mauvaises répercussions sur l’événement sportif de janvier 2012 d’où les nombreuses interpellations afin de renvoyer ces élections et se donner le temps [car le pays a les moyens] d’y introduire les éléments nouveaux dont la biométrie dans la confection du fichier électoral. Ce que le camp au pouvoir refuse car il ne tient pas à voir les vrais représentants du peuple dans dans l’hémicycle sinon les seuls qu'il pense pouvoir nommer sans que cette fois-ci personne ne s'interpose. C'est simplement ne pas prendre en considération le rejet de plus en plus extériorisé du PDG par le peuple gabonais. La société civile a dans ce sens franchi le pas en se rapprochant des organismes internationaux affiliés à l’organisation de la CAN en mettant les projecteurs sur tout ce qui précède.
Il s’ajoute à cela les nombreuses grognes des librevillois qu’on ne cesse de mettre dans la rue en cassant arbitrairement leurs maisons et leurs commerces bien que possédant, pour certains, des documents attestés par les mêmes autorités sur le caractère légal de leurs situations. Mais au Gabon, l’état n’est pas continu. C’est ce qui apparait en filigrane dans les propos des défenseurs de l’Emergence qui affirment que: « Avant c’était avant ! Il ne faut pas faire le lien entre le Gabon de Bongo père et celui du fils » ! Et d’autres de renchérir: « nous on s’occupe seulement de tout ce qui date de 2009 [élection] jusqu'à aujourd’hui car le reste il faut demander aux anciens PDGistes devenus opposants » ! Comme pour dire que tout ce qui avait valeur légale avec les précédentes autorités est désormais caduc. «Ya Ali » peut ainsi en disposer comme bon lui semble !
C’est donc dire la division latente mais réelle qui existe non seulement entre ces gabonais qui ne s'accordent toujours pas sur les priorités des autorités actuelles avec leur projet de l’Emergence et celle entre les gouvernants et le peuple en général. Est-ce dans cette ambiance que nous allons accueillir nos invités durant la CAN? Allons-nous aller sautiller dans les tribunes alors que nos voisins sont désormais sans toit et sans ce qui leur donnait leur pain quotidien vu que les mesures d’accompagnement n’existent que dans les textes de loi bafoués à longueur de journées ? Toutes les tensions sociales attisées par l'amateurisme patent des émergents dans cette période délicate d'avant compétition sont-elle menées à dessein pour justifier les manquements prochains des autorités comme nous l'avons mondialement vécu lors du match-test Gabon vs. Brésil ?
Et quant à ceux des griots d’Ali BONGO qui prétendent qu’ « ils avanceront avec ou sans NOUS » ; juste leur rappeler que le « Nous » > 41 % obtenu lors des présidentielles malgré les fraudes et que leur arrogance les perdra. Le « Nous » attend également sa cellule d’emprisonnement pendant la CAN car chacun sera libre d'influencer cet événement avec les frustrations ou les joies qui seront les siennes. C’est selon. Soit ce pays nous appartient tous soit il appartient au seul pouvoir en place qui devra alors assumer le poids des nombreux potentiels exclus. Parce que la CAN passera mais le Gabon demeurera...
PS : PAS DE CONDITIONS DE TRANPARENCE, PAS DE BIOMETRIE PAS D’ELECTION !
Meboon Môôn Meba Ondo
Citoyen gabonais
pour le Mouvement "LE CITOYEN"

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