Tuesday, 25 October 2011

GABON : Libreville en phase de destruction par le gouvernement ?


Si le gouvernement se décidait réellement à nettoyer Libreville et à se débarrasser de son anarchie, ce serait la quasi-totalité de notre capitale qui serait en phase de destruction. Des rues colmatées d’immondices de tout genre aux « Matitis »: nos très chers quartiers sous-intégrés. Et oui, il faut aller au bout des choses. Le président de la République aurait ainsi instruit ses hommes de main des ministères de l’Intérieur et des Travaux Publics de la destruction de toutes les occupations anarchiques et illégales du domaine public.

Pour être plus précis, le ministre des travaux publics, Léon N’zoumba, affirmait : «Notre présence sur le terrain consiste à faire le nettoyage de la ville, c’est-à-dire débarrasser les voies publiques des épaves de voitures et de tout ce qui a été installé illégalement au bord des grandes artères de Libreville et même les voies secondaires, afin de permettre aux collectivités locales et promoteurs économiques de poursuivre l’entretien et le nettoyage de nos villes ».

Si la salubrité de la ville est un acte louable mais les gabonais et autres résidents comprennent-ils seulement ce que le gouvernement entend par domaine public ? Serait-ce les seules artères et voies publiques ? Qui peut exactement définir le domaine public dans une ville aussi anarchique que la nôtre ? Parce qu’il est de la responsabilité du gouvernement d’instruire mais surtout d’informer les citoyens afin que les actes qu’il pose ne soient pas toujours traduits en actes de guerre contre quiconque. D’où le langage de sourds qui existe souvent entre les déguerpissements et les relocations aussi bien à Libreville qu’à l’intérieur du pays.

Disons donc les choses clairement : le gouvernement gabonais est nul en matière de communication ! Pendant ce temps, le journal télévisé nous annonçait, hier,  le déplacement de « Ya Ali » pour la conférence internationale sur les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication [NTIC] à Genève. A quoi bon lapider l’argent du contribuable pour de tels  voyages lorsqu’on est incapable d’offrir à son pays un service internet adéquat ; lorsque près de 70% sinon plus de la population ignore tout de l’outil informatique. Au Gabon on vit « déconnecté ». Parce que le pouvoir tient à Controller l’information de façon absolue. Si seulement la majorité des gabonais savait tout ce qu’elle rate sur la toile comme information libératrice et objective.

Par contre, nous disons à nos concitoyens que le gouvernement se doit de leur présenter non seulement un plan cadastral clairement défini mais surtout les documents officiels qui font état de la délimitation du domaine public naturel et artificiel. Vu le manque de marchés publics décents et de parcelles aménagées pour certaines activités economiques, les gens s’installent où bon leur semble. Simple corollaire.

Le gouvernement, à partir d’un plan d’alignement général, fixe la limite du domaine public routier afin qu’on sache avec exactitude qui a enfreint  ledit domaine. Ce plan se doit d’être élaboré par les services compétents et techniques gouvernementaux voire municipaux avant d’être soumis à une enquête publique qui permettra de recueillir l’avis du public. N’oublions pas que le gouvernement est un gouvernement du peuple pour le peuple et donc se doit de travailler de connivence avec ce dernier.

Malheureusement, au Gabon , les abus de pouvoir sont légion simplement parce que les citoyens ignorent leurs droits ! On ne se réveille pas un matin, président ou ministre, pour détruire des habitations, fussent-elles anarchiques.  Il faudrait peut-être rappeler que l’ « anarchie » s’installe en l’absence de toute autorité. Manager, cher gouvernement, ne signifie pas « sanction et coercition » mais prévision, planification, communication puis action.

Chers concitoyens, le Gabon a changé ! Ne soyez pas en reste. Armez-vous de vos droits pour mieux « subir » vos devoirs sinon vous vivrez toujours la discrimination gouvernementale. Nous savons que celui-ci ne casse que chez les « makayas » sans défense et que certains magasins de « Libankos » construits sur le domaine public ne seront jamais touchés.  Un gouvernement s’investit pour le bien-être de la population en agissant avec tact et délicatesse. La brutalité appartient au domaine de la jungle. 

A bon entendeur…

Meboon Môôn Meba Ondo
Citoyen gabonais

pour le Mouvement "LE CITOYEN"



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