Friday, 21 October 2011

GABON: La PRESIDENCE parle quelle[s] langue[s] du Gabon ?


Une société forte se construit sur la base de principes et d’éthique. En tant que citoyens épris d’amour pour leur pays, une place prépondérante a toujours été réservée pour notre culture diversifiée mais surtout pour nos langues maternelles.

Parce qu’un pays ne se limite pas aux seuls projets de développement, la constitution gabonaise stipule en TITRE PRELIMINAIRE DES PRINCIPES ET DES DROITS FONDAMENTAUX, article 1er/Alinéa  21 que : « Chaque citoyen a le devoir de défendre la patrie et l’obligation de protéger et de respecter la Constitution, les lois et les règlements de la République » avant de renchérir dans son article 2 que : « […] La République gabonaise adopte le français comme langue officielle de travail. En outre, elle œuvre pour la protection et la promotion des langues nationales ».

Quoi de plus normal alors pour ceux qui occupent la première institution de la république notamment le président et son entourage de veiller quotidiennement à l’effectivité de cette loi. Sinon comment le président et son épouse tiendraient-ils un discours en faveur de la préservation des acquis culturels et du patrimoine national en général s’ils sont les premiers à leur tourner le dos dans leur aspect PRATIQUE ?

Comme à notre habitude et malgré notre réticence quant à la qualité des programmes offerts par les chaînes nationales, nous avons toujours regardé les interventions télévisuelles des membres de la présidence sans jamais y entendre un pamphlet en direction de nos langues maternelles. Si nous pouvons nous réjouir de la maîtrise des langues importées telles que le français et l’anglais par le président de la république, nous ne pouvons en dire autant sur son expression au niveau local. Ce qui nous déçoit énormément.

Nous avons plutôt l’amère impression que la présidence soit constamment orientée vers l’extérieur en délaissant ainsi tout ce qui est censé faire la fierté de nos « Bandja ».  «  Les forums, les colloques et les expositions culturelles, c’est bien mais est-ce qu’ils pratiquent ça eux-mêmes » ? Se demandait un concitoyen dans la foulée des nombreuses manifestations organisées notamment par la fondation de notre chère première Dame gabonaise.

Nos langues sont en perdition ! Pendant ce temps, c’est l’entrée du mandarin qui se fait de plus en plus imminente dans nos programmes scolaires comme si la charge n’était déjà assez lourde. « Ce sont les pressions des partenaires économiques » ! Dites-vous.  Ceci ouvre donc une parenthèse quand à la nécessité de développer notre pays par tous les moyens ; quitte à sacrifier tous les autres pans de notre société. Pitié. Parce que l’existence humaine se résumerait donc aux édifices architecturaux ? Hum…

Nous pensons plutôt que l’harmonie et l’équilibre en toute chose sont de mise aussi longtemps que le patrimoine culturel sera le socle de toute société qui se veut forte et respectée. Au Gabon, les populations sont incessamment indexées lorsqu’elles affichent une certaine préférence des langues nationales vis-à-vis du français. Nous  voulons pour preuve les spots soi-disant éducatifs sur la nécessité de parler comme Molière au lieu de travail. L’indélicatesse dans ces « machins » est que, tout en voulant bien faire, ils trahissent l’esprit de la constitution qui soutient la préservation de nos langues.

Un Gabon où la modernité et la tradition cohabitent est possible. C’est le rejet de l’un au détriment de l’autre qui fera  toujours réagir les citoyens que nous sommes et ce, d’une façon de plus en plus virulente car rien n’est plus valeureux que notre identité. Même pas la construction d’un « Burj Khalifa » au Gabon vu que certains accordent tant d'importance à la folie des grandeurs... Inutilement.

Meboon Môôn Meba Ondo
Citoyen gabonais

pour le Mouvement "LE CITOYEN"




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