Le gouvernement a-t-il dit construction anarchique à démolir ? Cet article pourrait donc venir en complément de celui dont le titre est : « Libreville en phase de destruction par le gouvernement » ? En effet, étant donné la campagne de démolition de bâtisses anarchiques dans certaines villes du Gabon et principalement à Libreville, nous donnions à nos concitoyens un bref aperçu de ce qu’est le domaine public que le gouvernement prétend ainsi assainir.
Il y a donc le domaine public artificiel et celui dit naturel sur lequel nous voulons bien nous appesantir dans ce propos. C’est le domaine public composé d’éléments naturels sans intervention aucune de l’Homme. Entre autres : les ruisseaux, les lacs, les forêts et, pour ce qui nous concerne ici, les bordures et rivages de mer et de fleuves.
La détermination de ce domaine public naturel est plus stricte et s’effectue souvent de façon unilatérale par le dépositaire de l’autorité de l’Etat. Contrairement à la délimitation du domaine artificiel où certains compromis naîtraient suite à l’intervention d’enquêtes et de la prise en compte des avis de l’opinion. Mais au Gabon, il existe une catégorie très spéciale de citoyens qui ont hérité des domaines publics naturels de leurs parents. C’est ainsi que toutes les plages ont été privatisées. Et tous les loisirs en bordure de mer sont quasiment inexistants dû au statu quo de ceux qui sont au-dessus de l’Etat.
Le quartier huppé et très présidentiel dit « LA SABLIERE », quoique resplendissant, ne devrait-il pas être considéré comme construction anarchique et donc entrer d’office dans la liste des démolitions actuelles dans la capitale ? Vu qu’il empiète clairement le domaine public naturel dans la zone de l’aéroport. Respecte-t-il seulement les distances légales de construction en bordure de mer ? Sinon en cas d’incident ou de nécessité dans ce secteur, comment l’autorité publique aurait-elle accès à la mer ?
Il est donc vrai que le bossu ne voit jamais sa propre bosse mais celle du voisin. Parce que le président, par l’entremise de ses ministres « compétents », décide de « casser » les soi-disant constructions anarchiques oubliant majestueusement son lieu d’habitation. Et comme la nature reprend toujours ce qu’on lui soutire indirectement, la chère « Sablière » connait, à certains endroits, des inondations qui ne sont pas anodines selon certaines indiscrétions. D'aucuns établiraient même un lien entre la construction de ce quartier et l’érosion accélérée d’autres régions en bordure de mer. Et que dire de la montée des eaux de plus en plus régulières au niveau même du palais de la présidence où les automobilistes sont souvent contraints à la « conduite aquatique » !
Un pays où le « deux poids deux mesures » fait office de loi comme cette fameuse villa d'un certain général qui avait bloqué la continuité des travaux des ponts au niveau du quartier de Plein Ciel. Où est donc la fameuse autorité du président pour nous débarrasser de ces constructions hors la loi ?
Mais le quartier présidentiel n’est pas le seul à causer ce désordre environnemental. La quasi-totalité des hôtels, villas et complexes construits sur la façade maritime de Libreville et d’Owendo participe au boucan ambiant. La très rentable société SO.CO.BA a même défié l’Etat en prolongeant ses installations dans le fleuve « KOMO ». Tout ceci est vérifiable. Topographes, géologues et environnementalistes pourraient bien se pencher sur la question.
Mais le Pouvoir gabonais n’évoluant que dans le pilotage à vue, dans la discrimination totale quant à l’application des décisions gouvernementales et de la loi en générale, ira toujours démontrer de sa force chez les couches sociales faibles et ignorantes des droits citoyens. Il évitera toujours les « Intouchables » de la « SABIBI »… Et comme la confusion des genres entre l’Etat et le président est tout sauf anarchique, on nous dira de « laisser avancer le Gabon émergent » ! Il va même où ? Ce qui est sûr, ce sera sans notre catégorie de citoyens car « on n’est pas aux bêtises » !
Meboon Môôn Meba Ondo
Citoyen gabonais
pour le Mouvement "LE CITOYEN"










