Tuesday, 6 September 2011

LETTRE OUVERTE A TOUS LES CITOYENS GABONAIS.


Chers compatriotes, nous voici entrés dans un nouveau cycle de cinquante ans (50) qui nous conduira inéluctablement à la célébration du centenaire de notre cher Gabon. Aussi , pour mieux nous projeter vers ce lendemain qui semble lointain, il est plus que nécessaire de marquer une toute petite pause sur notre film communautaire afin de regarder en face et en toute objectivité notre passé ; l’analyser et distinguer ce qui a déjà été fait de ce qui ne l’est pas encore afin de l’améliorer voire de le parfaire . Penser un destin pour tous en acceptant nos erreurs accumulées puis les dresser en paillasson afin que nos prochains pas vers l’avenir soient moins salissants.

« La république gabonaise regorge encore en son sein trop d’individus et si peu de citoyens » : ces propos résument la pensée d’une concitoyenne. Mieux, c’est le fond de cette pensée qui nous a interpellé vu sa pertinence d’autant plus qu’il justifie le souhait qui est nôtre de voir naître un mouvement dynamique national et permanent de sensibilisation dit : « LE CITOYEN ». Tous les combats à mener, tout ce à quoi nous aspirons ne peut être concrétisé que si tous les soldats de la Cité se mettent à pieds d’œuvre avec dans leur main droite, la connaissance de leurs droits ; et dans l’autre, celles de leurs devoirs. Si le gouvernement a souvent feint de jouer son rôle de pédagogue, rien ne nous empêche, chacun à son niveau de le faire. Lorsque le corps social ignore tout de sa citoyenneté, il ne peut y avoir de miracle quant à l’existence de l’Etat de droit.

Notre pays que nous aimons tant, malgré ses ressources humaines riches et diversifiées ; complétées par celles de son sol et sous-sol, vit encore aux rythme de toute sorte de balbutiements aussi bien aux plans social et économique que politique. Que se passe-t-il donc ? A quel niveau d’engrenage stagnons-nous? En tant que jeunes soucieux de leur devenir en terre gabonaise et d’après nos observations tous azimuts, nous nous sommes prêtés au principe de la segmentation, du moins en partie, comme si notre pays était sujet à une étude marketing. D’ailleurs c’est le cas de le dire car, pour servir efficacement notre pays, une question s’avère désormais fondamentale : « Qu’attend le Gabon de chacun de ses citoyens? »

Les réponses semblent multiples : Et chacun, selon sa spécialité, aurait le reflexe et même cette tendance à s’approprier le «marché ». Mais restons scotchés à notre esprit citoyen. Nous dirons donc que notre pays le Gabon est avant tout une République et donc, un état souverain. D’ici, nous voyons déjà certains rechigner après ce qui précède mais ne pas l’affirmer ainsi ne serait que s’éloigner de notre démarche qui se veut également légaliste. Cette légalité tant remise en question ces derniers temps, parfois à tort et parfois à raison -en ce qui nous concerne, nous remarquons que la légalité… c’est la réalité ; celle dans laquelle nous sommes tenus de frayer un chemin, même celui de la révolution comme le souhaitent certains -. Nous poursuivons donc en disant que notre Etat est la résultante du jumelage de la Nation, d’une part, et du pouvoir politique d’autre part. Le premier étant l’ensemble des citoyens considérés comme constituant un corps social distinct du second c’est-à-dire le gouvernement qui les régit - fr.wiktionary.org/wiki/nation- Mais ceci n’est vérifiable que dans la forme car, au fond, le gouvernement comme le corps social forment l’ensemble des citoyens.

L’objectif ici est de démontrer qu’à la base nous formons un tout et ainsi ne point perdre de vue l’appartenance à un destin commun pour finalement tomber dans le piège manichéen qui circonscrit tout à une sorte dualisme selon lequel :
- Si l’on n’est pas de Gauche, qu’on soit forcément de Droite,
- Si l’on n’est pas du Nord, qu’on soit exclusivement du Sud,
- Si l’on n’est pas de la Majorité, qu’on soit vitalement de l’Opposition,
- Et que si l’on n’est pas avec nous, qu’on soit contre nous…

Devrons-nous rappeler ici l’existence d’une catégorie de citoyens qui ne prenne jamais part à ces sempiternels débats du « vrai ou faux » ? En sont-ils moins gabonais que les autres? Parce que l’énumération de ce qui précède suivrait la logique du militantisme, du régionalisme, du sectarisme et de tous leurs parents et amis … Or le principe de la citoyenneté s’érige au-dessus de toutes ces entités qui, pour certaines, se révèlent néfastes pour la Nation lorsque, d’autres, passent pour être mal assimilées auprès des citoyens dans leur ensemble. Dans cet esprit, la devise de la république aurait pu être aussi Liberté – Solidarité – Egalité.

Par ailleurs, il est opportun, pour nous, de remettre au centre de nos préoccupations la Nation : son actif et son passif orientés vers un projet intergénérationnel et guidés par une intelligence collective. C’est un préalable pour tout Etat moderne. Voici ce que le Gabon attend de nous : une synergie citoyenne qui soit le principe premier de tous nos projets pour le bien de tous.

C’est ainsi que, dès notre naissance voire par des mécanismes constitutionnels, nous venons à porter cette belle nationalité qui est la nôtre et, par ricochet, la citoyenneté avec tous les droits et devoirs qui s’y rattachent : nous naissons donc tous libres et égaux quoi qu’il en soit. Mais lorsqu’en grandissant, la Nation cesse d’être l’environnement immédiat et continu du nouveau-né, il redevient un simple individu qui ignore l’existence de la Société. Mieux, l’animal raisonnable retrouve alors son environnement sauvage : c’est la jungle dont la conséquence immédiate est le Mal-développement ambiant dans de nombreux secteurs de notre pays.

Dans ces conditions, quel que soit le pouvoir politique en charge de la gestion de l’Etat, rien de bien grand ne se fera étant donné l’absence d’esprit citoyen ; étant donné la convalescence de la nation : fondation de tout pouvoir politique. Il faut donc que la classe dirigeante renoue avec sa base en prônant la transparence et l’information juste ; en responsabilisant les citoyens et non les infantiliser comme il est de coutume sous nos cieux, le tout couronné par la devise citoyenne Liberté – Solidarité – Egalité. Parce que la politique n’est pas la panacée mais cet outil qui permet de mieux organiser et structurer la Cité et consolider ainsi le « vivre ensemble ». Il faut donc que la Communication soit permanente non seulement entre les membres du corps social, mais aussi entre celui-ci et son gouvernement via tous les supports disponibles – canaux officiels, sites internet pour chaque ministère et institutions etc. –

En outre, le citoyen n’ a point pour seul droit celui du vote mais également ceux liés au travail, à la santé, à la liberté d’expression et à l’éducation entre autres. Tous ces secteurs pris au sens économique, dépassent largement l’entendement selon lequel l’Etat en est le principal pourvoyeur pour en faire des opportunités de création d’emplois par les mécanismes de la solidarité citoyenne.

Comment?

Il suffit d’observer les nombreuses communautés amies qui peuplent notre cher pays et qui semblent ne pas vivre les mêmes difficultés que nous pourtant nous empruntons les mêmes rues et vivons dans les mêmes quartiers. Il faut voir et peser leur solidarité intangible et leur goût de l’effort pour comprendre leur gestion quasiment sans partage de notre tissu économique pendant que nous autres, citoyens, nous investissons à longueur de journées dans ces choses toutes aussi importantes, mais pas toujours prioritaires. « Car le moindre mal dans l’économie de marché est d’en être réciproquement producteur, récipiendaire et enfin consommateur ».

Parallèlement, que vaut bien un syndicat gabonais d’un secteur donné si ses acteurs n’en détiennent pas réellement pas le contrôle? Du moins au niveau même du fonctionnent comme ces concitoyens qui, de plus en plus investissent le secteur industriel car lorsque ces derniers élèvent la voix c’est tout le pays qui tend l’oreille – ceux du pétrole en savent quelque chose -. Et nous osons croire que si les enseignants gabonais deviennent propriétaires d’établissements, ils créeraient non seulement de l’emploi pour nos concitoyens mais également se feraient mieux entendre notamment dans le cadre de leurs revendications légitimes. Sinon comment se faire entendre si nous ne pesons que pour très peu dans notre propre économie ? Qui nous prêterait un grain attention si nous osions hausser la voix ? Il est plus que temps de joindre l’acte à la parole pour plus de cohérence dans nos actions.

 Car une chose est de naitre dans un pays et une autre est de s’affirmer en tant que propriétaire de ce celui-ci. Qui donc n’a jamais entendu ce titillement assez évocateur des ressortissants des communautés étrangères amies quand ils affirment « être plus gabonais que nous » ? En effet, lorsque nous, citoyens, arriveront à brandir des titres de propriété à notre actif nous rattachant à des maisons, sociétés, entreprises, commerces, centres de loisir ou culturels , écoles , restaurants , universités et centre de santé, entre autres , notre sentiment d’appartenance à la Nation n’en sera que plus renforcé . Et encore plus vu que notre citoyenneté nous offre tant d'avantages comparatifs en tant que nationaux à condition de connaitre véritablement nos droits.

Parce que des non-Gabonais y arrivent, nous le pourrons également à condition de « le décider » dès maintenant pour qu’enfin nous affirmions tous ensemble que « nous sommes prophètes chez nous ». Que ceux des citoyens déjà sur le terrain s’engagent encore plus en explorant d’autres paliers de leurs secteurs d’activité. Que ceux qui hésitent encore se décomplexent et emboîtent le pas car l’argent … C’est l’argent, ne disons-nous pas. De même qu’il n’est pas raisonnable d’aller en guerre sans arme, il n’est non plus opportun d’engager des concitoyens sur des voies utopiques en comptant sur les seuls soutiens extérieurs à la Nation, organisons-nous et bâtissons par nous-mêmes afin que, si soutien externe il y a, qu’il vienne en complément.

Que le citoyen s’éduque d’avantage pour que plus jamais il ne quémande son droit et ne perçoive son devoir comme un fardeau. Objectif : renverser la tendance pour que la phrase introductive d’aujourd’hui devienne la conclusion de demain en ces termes : « La république gabonaise regorge en son sein bien plus de citoyens que d’individus ». Quant à ceux qui ne croient plus en la possibilité d’une initiative sincère dans notre pays parce « certains leaders» nous auraient trahis (sic) par le passé … nous leur disons simplement que « dans un Etat moderne où la citoyenneté est profondément ancrée, le leadership cesse d’être un métier ».

Malheureusement, dans notre Gabon d’abord, nombreux sont ces « leadershipiens* » – de régions, de provinces, d’arrondissements, de partis … - encore en activité. Et comme tout métier conduit à la retraite, acceptons d’être encore le fruit de trahison pendant longtemps à moins que nous ne redevenions tous des citoyens véritables, maître de notre destin commun et non plus ces simples individus passifs qui attendent tout du ciel ou du chef charismatique : « le leadershipien* » ; que nous ne soyons plus ces moutons qu’on traînent à chaque fois à l’abattoir .

« LE CITOYEN » se veut un mouvement de sensibilisation, d’échange et d’éducation du citoyen Gabonais pour la prospérité de la Cité Gabon car vouloir c’est déjà réussir. Au travail chers concitoyens!

*ne vous affolez surtout pas, c’est un néologisme typiquement gabonais.
Respectueusement,

Meboon Môôn Meba Ondo, étudiant gabonais,
pour le mouvement « LE CITOYEN ».

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